Par rapport au tabac, l’IQOS est-il moins dangereux ?

Le groupe Philip Morris s’est vu contredit par les pneumologues pour leur affirmation
concernant le fait que l’IQOS est moins nocif que la cigarette classique. Aussi, leur publicité
sur ce produit a été épinglée comme illégale par le journal Le Parisien. Mais que contient
exactement ce cigare électronique ? Et quelles sont les mesures prises par le fabricant par
rapport à toutes ses protestations ?

IQOS, c’est quoi ?

À la base, c’est un cigare électronique réalisé par Philipe Morris. Il prend la forme d’un stylo
fin, dans lequel le fumeur introduit le filtre, qui va produire la vapeur. Et comme l’on ne
constate aucune fumée, le fabricant confirme l’absence de goudron et de monoxyde de
carbone pour appuyer l’idée que ce produit est « sain ». Pourtant, Le Parisien, compte tenu
de la loi Evin qui interdit toute publicité pour les produits du tabac, a littéralement explicité
le non-respect du groupe à cette loi. De leur côté, les pneumologues et d’autres instances
dans le domaine de la santé démentirent les fabricants de cigarettes électroniques. Pour
eux, même si ces produits ne brûlent pas le tabac, sont tout autant nocifs pour la santé.
D’après le Pr Yves Martinet, chef du service de pneumologie au CHU de Nancy, la publicité
sur l’IQOS est un « mépris total de la loi ».

Que contient exactement l’IQOS ?

L’IQOS fait son apparition sur le marché en 2017. Le design est classique d’une cigarette
électronique, avec les mêmes composants dont le bouton on/off et la batterie. Au lieu
d’avoir directement du tabac, celui-ci use de sticks, et d’un filtre contenant le tabac. Au lieu
de le brûler avec un briquet, le tabac qui se trouve dans le stick est chauffé par une plaque
chauffante intégrée dans le dispositif, lorsqu’on appuie sur le bouton « on ». La cigarette
fumée atteint une température de 900 degrés, mais celle-ci est chauffée à 350 degrés, et
donc ici, il n’y a pas de combustion. Mais le Pr Yves Martinet conteste en expliquant que la
combustion en elle-même peut entraîner la formation d’O2 et de H2O lorsqu’elle est
complète et le problème n’est pas là. C’est la pyrolyse de l’appareil qui est nocive. Lorsque le
filtre est surchauffé, la pyrolyse crée du monoxyde de carbone et du goudron. En conclusion,
il n’y a pas de différence, cet appareil est aussi nocif que le tabac classique.

Quelles sont les dispositions du fabricant ?

Voici les réponses de Philip Morris par rapport à ses contestations :
« Des recherches approfondies sont menées sur le profil de risque d’IQOS, y compris des
études de laboratoire et cliniques ou encore la surveillance post-commercialisation ».
La fabrication est « complétée par un nombre croissant d’études de laboratoires
indépendants et d’instituts de recherche gouvernementaux ».
« L’ensemble de ces études indique clairement à ce jour qu’IQOS est un meilleur choix que le
tabagisme, et que le fait d’utiliser IQOS est susceptible de présenter moins de risques que de
continuer à fumer ».
Actuellement, le géant du tabac Food an Drug Administration (FDA) est en cours de
recherche sur l’IQOS afin de le commercialiser aux USA. Pour Philip Morris, l’objectif est de
conscientiser les cibles sur le fait que ce produit est à base de tabac à risque modifié.
Mais des sénateurs d’outre-Atlantique ont incité la FDA à réagir par rapport à Philip Morris
pour que ce dernier arrête de répandre une fausse information sur le fait que l’IQOS est
moins nocif que le tabac. D’ailleurs, le Pr Bertrand Dautzenberg, défenseur du e-cigarette a
déjà, depuis son lancement, montré du doigt cet appareil comme étant un facteur de risque
pour la santé.

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